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[Atelier] « Je est un autre », par Muhammad Hirzalla

[Atelier] « Je est un autre », par Muhammad Hirzalla Posted on mai 5, 2020Leave a comment

Voici un atelier proposé par Muhammad Hirzalla, à réaliser en sa présence, destiné à de jeunes artistes ou à toute personne en recherche d’inspiration. Il vous permettra de mieux vous connaître pour mieux vous exprimer, créer, contempler. Ce sont aussi des exercices nous permettant d’identifier cet autre qui sommeille en chacun de nous sous ce filtre, parfois occultant, qu’est notre propre regard, et de trouver la lumière illuminant notre chemin dans les méandres de l’imagination.

C’est aussi un atelier nous incitant à comprendre l’autre, ses différences. Ces exercices s’inscriront dans un contexte interculturel, qui implique de ne pas poser un regard déjà convaincu sur l’étranger, mais de le garder ouvert, et prêt à évoluer selon ce qui sera porté à sa vue.

Supports et accessoires

Salle (spacieuse), extérieur, lecteur CD et/ou MP3, possibilité de visionner les films et extraits mentionnés

Durée

3 heures

A mettre en place avec Muhammad Hirzalla: cet atelier comprend une phase préparatoire indiquée ci-après, puis se mettra en place dans le cadre d’une rencontre.

Atelier

A travers les exercices donnés, pratiqués en groupes ou individuellement, nous nous efforcerons de développer des compétences corporelles et mentales. C’est un travail qui opère sur notre sensibilité et sur notre perception du corps et de la gestuelle, pour explorer la notion d’ « être présent ici et maintenant ».

Faire interroger la relation entre « le cosmos » et le corps; le corps dans l’espace, dans un temps, une durée, et avec un rythme donné. Il s’agit de ressentir pleinement ce corps qui se met en mouvement, et de percevoir ce qui s’y passe. C’est une sensation de soi qui mène à mieux se connaître, à se regarder autrement, à se découvrir à nouveau. On aura à développer notre capacité à écouter soi-même, à prendre le temps d’écouter les autres; accepter l’autre que je suis pour accepter les autres , leurs langues, leurs cultures, et enfin, se rencontrer.

Cet atelier permettra également de découvrir notre capacité à improviser, s’adapter.

S’interroger sur:

L’identité: Qui suis-je? D’où est-ce que je viens? Qu’est-ce que je fais? ferai? devrais faire? ou aurais dû faire?

L’espace: Quel est l’espace qui m’entoure? Où suis-je? Qu’est-ce que cela me fait ressentir? Quel en est le sens? Sa symbolique à mes yeux? Quelles en sont les frontières?

Le corps: Quelle est ma respiration? ma voix? ma présence? mon regard? Suis-je conscient de ce que je représente pour les autres? Il est alors demandé de commencer par des exercices d’échauffements, puis de se concentrer sur la respiration. Afin d’explorer la voix, nous pouvons pratiquer quelques exercices d’échauffement vocal.

Suivra un travail sur le rôle et sur notre imaginaire.

Le travail de l’élocution nous aidera à nous exprimer clairement, en exerçant la voix, la diction, la prononciation. Cela passe par une conscience du corps dans le mouvement qu’est celui de la parole, afin d’identifier ce qui s’enclenche à ce moment-là, et de délier les nœuds nous empêchant de laisser partir nos idées qui ne demandaient qu’à être exprimées.

Premier exercice préparatoire à proposer aux participants ( à faire pour préparer l’atelier vivant)

Visionner les deux films proposés:

Ici et ailleurs réalisé par Anne-Marie Miéville et Jean-Luc Godard, tourné en 1971 sur des archives d’images de 1970, sorti en 1976, d’une durée de 53 minutes

Introduction to End of an Argement réalisé par Jayce Salloum et Elia Suleiman (cinéaste Palestinien qui vivait à New-York à l’époque où le film a été réalisé, en 1990), film libano-canadien, durée de 40 minutes, disponible sur Youtube

Se demander:

Peut-on tout demander à son interlocuteur? à n’importe qui? Y a-t-il une bonne manière de demander les choses? Quelle est ma première question lorsque je m’adresse à un exilé? Quelle est ma première pensée lorsque je m’adresse à un exilé? Quelle est ma représentation de telle et telle culture (se le demander à propos de 5 cultures que l’on ne connaît que de loin , 1 par continent, et chacune les définir en 5 mots clefs)? Ai-je un regard objectif sur la personne face à moi? Ou bien quels sont les apriori que j’en ai?

Qu’est-ce que soulignent ces documentaires? En quoi suis-je d’accord avec leurs démarches? Pour cela, me référer à La bibliothèque des médiations, cf L’exotisation et la bienveillance. Ai-je un regard objectif sur la personne que j’ai face à moi? Est-ce que je perçois une évolution des perceptions entre les époques auxquelles ont été réalisés ces documentaires et aujourd’hui? En quoi? Est-ce que je perçois un changement entre auparavant et aujourd’hui? L’expliquer en 4 arguments.

Deuxième exercice préparatoire à proposer aux participants:

Identifier nos valeurs

Il nous faut choisir les valeurs qui, à nos yeux, nous définissent le mieux. Pour cela, il nous faudra les désigner par des mots représentatifs. Il faudra souligner les quatre valeurs qui nous paraissent primordiales dans la vie. Il s’agit d’être le plus honnête possible vis à vis de soi, et cela demande un effort d’introspection.

Se demander:

Pourquoi et en quoi cette valeur est importante pour moi?

Noter cinq raisons expliquant pourquoi et en quoi ces valeurs sont importantes à nos yeux, et si on les applique vraiment dans la réalité.

Se demander:

Qui suis-je quand je m’identifie à cette valeur?

Quel impact a-t-elle sur ma manière de vivre?

Quelles sont les motivations de cette identification?

Noter cinq réponses à chacune de ces questions.

Se demander:

Quelle personne serais-je si je ne m’identifiais pas à cette valeur?

Comment dois-je me comporter? Agir?

Comment est-ce que je me perçois?

Comment est-ce que je me sens vis à vis des autres? Et quelle est ma vision de la vie?

Noter cinq réponses possibles à chacune de ces questions.

Ces exercices et supports préparatoires permettront de mettre en place un atelier vivant, aux objectifs et problématiques précédemment cités. Il complétera les différentes notions abordées dans le projet Art en exil, et permettra de se placer plus souplement et objectivement dans une démarche de création liée aux contraintes de l’exil, de l’interculturalité, du monde de l’art et de ses acquis. C’est aussi un travail de préparation de soi qui peut être utile en contexte d’examen, d’interview, de création, ou devant un public, contextes auxquels les jeunes artistes ou toute personne se sentant concernée seront amenés à être confrontés.

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